we live in a beautiful world

we live in a beautiful world
It wouldn't be luck if you could get out of life alive





Tu vois la gigantesque pelouse devant le Reichstag ?
Eux aussi ils la voient; mais jamais comme tu ne la verras.






*

C'était un garçon. C'était un autre garçon.
Il chantait. Il jouait de la guitare.
Il venait d'une famille riche. Il habitait dans la banlieue miteuse.
Il étudiait au lycée des arts dans la capitale. Il séchait les cours et brûlait des voitures.
Qu'est-ce que je pourrais dire de plus ?


*


Tom était le genre de mec qu'on approche pas. Le genre de mec qui fait peur, mais qui est tellement cool que personne n'ose le bousculer dans les couloirs, que tous les garçons admirent, et que toutes les filles veulent. Il avait grandi en banlieue berlinoise, dans le coin qui craignait, là où les journalistes venaient pour filmer les bagnoles en feu et des jeunes cagoulés qui emmerdaient le gouvernement, les lois, et le monde. Tom faisait partie de ces jeunes là. Il emmerdait le monde ; celui qui le foutaient devant le tribunal parce que encore une fois il s'était fait pécho, celui qui lui collait des heures d'intérêt général, celui qui ne le faisait pas changer et le laisser dans sa merde lui semblait-il. Alors il emmerdait le monde, et quand il était bourré, il criait « fuck the world » dans la rue. C'était peut-être les seuls mots qu'ils avaient retenu des cours d'anglais. Il n'allait plus en cours depuis quelques années en fait ; de temps en temps il faisait l'honneur aux professeurs de sa présence, mais il savait qu'à la fin de l'année, il serait viré, et qu'une nouvelle fois il changerait de lycée, toujours un peu plus loin de chez lui. Des personnes avaient voulu l'aider comme le proviseur, l'infirmière et même l'assistante sociale qu'on avait appelée au lycée juste pour lui. Il les emmerdait eux aussi ; ils ne pouvaient pas savoir avec leurs belles paroles dans quel putin de monde il vivait. Alors il claquait les portes et partait en courant pour se retrouver comme d'habitude sur le terrain de basket au bord du fleuve. Il retrouvait ses potes, et quand ils avaient un coup, ils volaient les bagnoles des riches de la capitale. Ils les revendaient et se faisait un peu de fric. La plupart s'achetaient de la came ou de la tease, certains des meufs, et les autres des bagnoles de luxe et des bijoux en or. Lui, Tom économisait cet argent fait sur le dos de la société. Il avait dans l'esprit que de s'acheter une guitare. Oui, une guitare.

Bill était le genre de mec qu'on tape. Le genre de mec qu'on insulte dans les couloirs, qu'on tape dans les toilettes et à qui ont fait peur. Il avait grandi dans la capitale allemande, dans un joli appartement avec sa mère, et il s'était toujours senti différent. C'était le cas ; à l'école depuis le primaire, on le détestait, on le traitait de fille, de gothique, de satanique même. Les gens avaient peur de lui, de sa différence, alors ils le tapaient parce qu'ils ne savaient pas faire autrement. Alors Bill emmerdait le monde. Le monde, c'était les autres, ceux qui le jugeaient de haut, l'insultait dans la rue, et le faisait se sentir encore plus minable que les merdes sur le trottoir. Mais il avait du talent pourtant. À défaut d'avoir de la reconnaissance, du respect, des amis, ou autre, il avait du talent. Il avait monté un dossier, et l'année dernière il a été choisi comme quatorze autres candidats sur une centaine pour entrer dans le prestigieux lycée des arts, situé au c½ur de Berlin. Là-bas, il avait tenté de reprendre doucement confiance en lui, et il avait même réussi à faire confiance aux autres. Il se sentait bien dans ce monde d'artiste qui ne parlaient que de musique, de danse, de peinture ou de je ne sais quoi encore. Il travaillait d'arrache pied en espérant décrocher un contrat, un jour. Devenir célèbre pour ce qu'il faisait et avoir enfin la reconnaissance et le respect qu'il n'avait jamais eu. Il était sur la bonne voie ; il chantait merveilleusement bien. Oui, Bill chantait.

*


Devant le Reichstag, sur la gigantesque pelouse vide, il y avait une personne. Tom était assis en tailleur, et il avait sa vieille guitare acoustique sur les genoux. Celle que son meilleur ami lui avait donné pour la revendre. Il ne l'avait jamais fait, et il passait des heures, assis n'importe où, à gratter les cordes abîmés. Aujourd'hui, il essayait de reprendre tant bien que mal une chanson qu'il avait entendue dans le supermarché la dernière fois. Il ne connaissait ni le nom de la chanson, ni qui pouvait bien chanter. Il avait juste apprécié les quelques accords qu'il avait pu discerner entre les bips stridents des machines enregistreuses du magasin. Et pourtant, il était là assis sur l'herbe humide, au milieu de l'après-midi froid du mois de novembre, en essayant de se souvenir des notes pour les reproduire. Ce n'était pas une tâche aisée, mais il avait de l'oreille. Il en avait toujours eu peut-être, il ne se rendait pas bien compte. Chez lui, on ne parlait pas de musique, sauf pour exprimer son admiration devant les géants du rap, sans parler un tout petit peu du faible accompagnement musical. Il gardait sa guitare cachée sous son lit, et ne jouait jamais à la maison. Il ne savait pas la réaction de son père, et il ne voulait pas la savoir si un jour il apprenait qu'il y avait une guitare chez lui, et qu'il ne voulait pas la revendre. Ici, tout était une question d'argent. Alors quand il n y avait personne chez lui, il partait en courant de sa cité, le visage sous sa capuche et s'installait dans un parc vide. Il s'était demandé plusieurs fois s'il ne pouvait pas gagner un peu d'argent comme ça, en jouant dans la rue ou dans le métro. Mais il ne voulait pas prendre le risque que quelqu'un le reconnaisse ; c'était trop dangereux. Alors il s'isolait pour gratter ses cordes, et aujourd'hui c'était juste parfait.
Jusqu'au moment où il soupira, s'étira et tournant la tête, vit ce jeune garçon assis à dix mètres de lui. Il était habillé bizarrement, et d'ailleurs Tom avait d'abord hésité sur sa sexualité. Mais il n y avait pas de poitrine en dessous de son tee-shirt à tête de mort, et malgré le maquillage et le visage partiellement caché par ses longs cheveux noirs, c'était un garçon. Celui-ci surprit son regard, et Tom sentit la panique et la peur dans ses yeux charbonneux. Il le vit ouvrir et refermer un carnet, sans but, avec des mouvements affolés qui montraient son hésitation à partir en courant ou à rester assis ici, sur l'herbe humide, et peut-être s'y enterrer.
Tom sourit pour lui-même ; il aimait bien effrayer les autres, ça montrait sa puissance. Il secoua la tête, ses dreadlocks rebondissant dans son dos, et il rangea délicatement sa guitare dans son étui, sans se soucier plus de l'autre garçon. Mais tandis qu'il refermait l'étui, il aperçut deux baskets blanches devant lui. Quand il releva le nez, ce fut pour voir le jeune garçon qui ressemblait étrangement à une fille.
« Ouais ? »
« Euh. C'est... Hum. » s'embrouilla l'autre. Il rougissait en dessous de son maquillage.
« Ouais ? »
« Euh... Tu joues très bien tu sais ? »
« Tu m'espionnais ? » répondit brutalement Tom. Ça l'agaçait que quelqu'un l'entende jouer.
« Non ! J'étais venu bosser sur des chansons, c'est toujours vide à cette heure-là, surtout par ce temps. Et euh... Pourquoi j'te raconte ça ! »
Tom sourit quand il vit l'embarras du brun, et les grands gestes qu'il faisait quand il parlait.
« Tu disais que je jouais très bien » reprit-il amusé.
« Je. Ouais. J't'ai entendu, et tu joues bien. C'était quoi ? »
« Je sais pas. »
Tom se releva, et ramassa son étui.
« Oh. Une composition ? »
« Pas vraiment. J'essayais de retrouver les notes d'une chanson que j'ai entendu l'aut' jour. »
Tom commençait à se demander pourquoi il lui disait tout ça, mais le brun souriait.
« C'est cool. »
« Ouais. Bon, je vais y aller. Salut. »
Et sans plus de cérémonies, Tom remonta sa capuche sur sa tête, et tourna le dos au brun. Il l'embarrassait un peu cette espèce de grand pantin noirâtre. Et puis il devait rentrer, Mike lui avait donné rendez-vous pour une histoire de bagnole. Plus que cinquante petit euros, et il pourrait enfin toucher du bout du doigt son rêve de gamin et s'achetait cette Gibson Custom qu'il avait vu dans cette boutique à Berlin.
« Euh, attends ! » entendit-il crier derrière lui.
Il se retourna et le garçon lui courait presque après.
« Je voulais savoir, tu reviendras ici ? »
Quoi ?
Voyant que Tom ne répondait pas, il bafouilla ;
« Je serais là demain, moi, à la même heure. »
Tom haussa les épaules et repartit, sans un mot.
*


Le lendemain, il neigeait, et les rues étaient vides. Bill n'était sûr de rien en ce qui concernait ce jeune garçon aux dreadlocks qu'il avait vu hier devant le Reichstag, mais il espérait secrètement qu'il viendrait quand même. En enfilant ses mitaines, il se foutut une baffe mentale. Pourquoi viendrait-il, ce n'était pas un rendez-vous, il n'avait fait que hausser les épaules comme pour dire « je m'en fous », et il était partit. Bill se sentit stupide quand il se regarda dans la glace de l'entrée, et il aurait voulu arracher tous ses vêtements et retourner dans la chaleur de sa chambre écrire des chansons au lieu de marcher dans la neige qui fondait à vue d'½il pour sûrement attendre quelqu'un qui ne viendrait pas. Et puis l'horloge de l'entrée sonna la demi-heure le faisant sursauter, et dans un mouvement affolé, il ajusta son sac sur son épaule, passa la porte, et dévala les escaliers. Qui vivra verra.

Quand Tom avait ouvert les yeux ce matin-là, la fenêtre était blanche, et pendant un instant, à peine sorti des rêves, il se crut au paradis. Et puis il entendit le voisin beugler à travers la fine cloison et non, ce n'était pas le paradis. Le ciel était blanc neige, et dans les rues la fine pellicule blanche se transformait en boue marronnasse. Tom sourit ; il adorait la neige. Alors il prit une rapide douche, s'habilla chaudement, et sans oublier de prendre sa guitare, il se précipita dehors. Il traversa en courant sa cité, s'engouffra dans un train, et arrivé à la capitale, il décida d'aller au Reichstag ; il n y aurait sûrement personne. Comme hier.
Et puis il fit une grimace, et se souvint de l'autre garçon hier. Il serait sûrement là aujourd'hui, il lui avait dit ça hier. Tom soupira, il ne voulait pas vraiment le voir. Et puis, il grimpa dans un tramway, et il était vide. Il faisait trop froid, et la neige avait certainement dû l'enfermer chez lui ; il ne le verrait pas. Il soupira en regardant par la fenêtre, et arrivé devant la porte de Brandebourg, il sourit en apercevant la pelouse du Reichstag entièrement blanche. Il avait envie de s'allonger et de faire des anges par terre, ou alors de construire un bonhomme de neige. En marchant vers la pelouse blanche, il la parcourait des yeux, et puis il y avait une tache au milieu. Une tache noire.
« Merde »

Bill était assis en tailleur sur la neige, et il avait les fesses gelées. Il avait aussi les épaules, le cou, les bouts des doigts, et les genoux gelés. Il relisait l'une de ses chansons, et en fait, non, il ne lisait pas, il avait juste le regard posé dessus. Quel idiot il pouvait être. Il était assis là, un jour férié, dans le froid neigeux alors qu'il devait absolument protéger sa voix, à attendre un mec qui ne viendrait jamais parce qu'il n'avait pas que ça à foutre que de se déplacer pour sa gueule, surtout par un froid pareil. Ses bouts des doigts étaient violets, et il était sûr que ses lèvres aussi, soulignant la pâleur de sa peau, et par ailleurs ses lourdes cernes. Merde quoi. À cet instant précis, Bill se haïssait. Mais en fait, ça ne changeait pas de d'habitude. Il avait l'impression de toujours faire des choses irréfléchies pour encore mieux les regretter, ou bien alors de toujours faire le mauvais choix. La vie lui semblait être un parcours du combattant. Et il soupira devant son propre pessimisme face à sa propre vie.
Et puis soudain, il sentit quelqu'un s'asseoir à quelques mètres de lui. Son c½ur se remit à battre – il sentait des choses bizarres des fois, et il se taperait tout seul à cause de ses bizarreries- quand il aperçut le grand blond aux dreadlocks emmitouflé dans une grosse doudoune, son étui à guitare devant lui. Bill enleva ses écouteurs, et le blond en fit de même en croisant son regard.
« Tu es venu. J'aurais pas cru par ce temps. » Bill chuchotait presque.
« On pensait pareil faut croire. » soupira le blond.
Bill ne comprit pas tout de suite, mais il se sentait un peu blessé ; le blond ne voulait pas le voir. Entre temps, il avait sorti sa guitare de son étui, et il commençait à gratter quelques notes, incertain. Et puis, il se mit à jouer quelques accords, et Bill le vit baisser la tête et fermer les yeux, complètement absorbé par la mélodie. Bill reconnut la musique, et il fredonna les paroles en gribouillant sur son carnet, comme il le faisait quand il laissait son esprit s'évader.
Tom releva la tête, surpris, quand il entendit le fredonnement du brun, mais il continua de jouer, et il ne voulait pas s'arrêter ; il voulait entendre plus distinctement le chant du garçon. Alors arrivé à la fin de la chanson, il recommença, et il croisa le regard questionneur du brun qui ne comprenait plus rien.
« Tu chantes ? » Tom se força à sourire pour ne pas paraître trop méchant ou trop je ne sais quoi, mais ça sonnait faux dans sa tête. Mais peut-être que le brun cru à ce faux sourire, car il baissa de nouveau la tête vers son carnet tout gribouillé, et recommença à chanter.
C'était une des chansons préférées de Bill ; Wake me up when september ends de Green Day, et en réalité, ça l'avait quelque peu étonné que Tom joue dans ce répertoire, ça n'avait pas trop l'air d'être son style. Mais on s'en fout, cette chanson était superbe, Tom jouait sans faire de fautes et s'accordait même sur son rythme. Il en oublierai presque qu'il n'arrivait plus à bouger ses doigts de pieds.
Et puis la chanson se finit, et Bill rouvrit les yeux qu'il avait fermés et poussa un soupir de contentement.
« J'adore cette chanson. »
Bill sursauta et tourna la tête vers le blond.
« Moi aussi. »
Il y eut un silence pendant lequel ils se regardèrent sans rien dire, appréciant le silence feutré qu'apporte la neige dans une grande ville, et se plongeant chacun dans la chaleur de leurs yeux.
« Tu chantes bien. » sourit Tom, en brisant le silence.
Le brun le remercia, et il gribouilla quelques mots sur son carnet. Tom le regarda écrire, la tête penchée, ses mèches de cheveux s'échappant de son bonnet qui voletaient autour de son visage, ses sourcils froncés, et ses lèvres pincées.
« T'écris quoi ? » demanda Tom.
« Hum. C'est des brouillons de paroles de chansons, c'est pas encore ça... » répondit évasivement le brun, sans quitter des yeux son carnet.
« Ah ouais ? »
Bill sentit que le blond s'intéressait à ce qu'il faisait, et il releva la tête en souriant.
« Je peux lire ? Enfin, c'est comme tu veux quoi, je.. »
« Viens »
Et le sourire de Bill s'agrandit quand il tapota le sol à côté de lui.
Tom déposa sa guitare dans son étui, et se releva pour se rasseoir à côté du garçon qui lui tendit son carnet tout gribouillé. Il remarqua que ses ongles étaient vernis en noir, et il trouvait que ça lui allait bien. Et puis, il lut les quelques phrases écrites dans tous les sens, et malgré qu'elles n'aient aucun lien logique entre elle, et qu'il y avait des fautes d'orthographes –en même temps, il n'avait rien à dire, lui qui n'avait jamais eu plus de cinq en dictée à l'école- il ne put s'empêcher de trouver ça très beau. Ça parlait de noirceur (il s'en serait douté), de peur, d'espoir, d'un autre monde que celui-ci, et il trouvait que le brun avait une version optimiste des choses. Ça le changeait ma foi.
« C'est super beau c'que t'as écris » dit-il en lui rendant son carnet.
« Mouais. C'est pour mon cours de littérature musicale, mais faut croire que j'suis un peu rouillé en ce moment » Il rit à sa dernière réflexion. Et Tom adorait déjà ce rire cristallin qui ressemblait à un tintement de cloches pendant un mariage.
« Littérature musicale ? » demanda-t-il.
« Ouais. J'suis au lycée des arts de Berlin. Spé musique. »
« Waho, la classe » dit Tom. Et il le pensait vraiment.
« Et toi ? Tu fais quoi ? »
« Euh. » Il faisait quoi au juste, lui ? Il séchait les cours de son bac pro mécanicien ? « Bah en fait, pas grand-chose. »
Le brun fronça les sourcils.
« Je fais des petits boulots, par-ci par là, je gagne ma vie. » Et Tom essayait de se redonner un peu de valeur, face à cette peut-être future star.
« Ah. C'est cool. » Et Bill sourit alors qu'il savait très bien qu'il avait touché un point sensible chez ce garçon. Alors il changea de sujet.
« Au fait, tu t'appelles comment ? »
« Tom » Et ce dernier releva la tête avec un grand sourire. « Et toi ? »


*


Deux mois étaient passés, et les deux garçons se voyaient régulièrement sur la pelouse du Reichstag. Tom avec sa guitare, Bill avec son carnet gribouillé. Tom jouait, et Bill chantait par dessus, et ils appréciaient tous les deux ces petits moments. Sinon, ils parlaient, se racontaient leurs vies, enfin ce qu'ils voulaient raconter. Ils parlaient de musique, de filles (un peu), de l'école de Bill (pas souvent), de leurs boutiques préférées à Berlin, et des conneries qu'ils avaient faites quand ils étaient gamins.
« Nan, sérieux ! T'as décidé que t'étais un ouf, et tu t'es précipité dans les escaliers sur son tricyle ? » répéta Tom, mort de rire.
« Te moques pas de moi ! Oui, c'est ce que je fais ! Et ma mère a cru que j'étais mort au passage... » reprit Bill.
« Vas-y, t'étais un vrai casse-cou toi ! »
« Bah ouais, que veux-tu ! » annonça Bill, avec une grimace de fierté.
Tom lui sourit, et soudain son téléphone sonna. Il se releva, et s'éloigna de quelques pas de Bill, tournant en rond sur la pelouse. Bill regarda Tom parler, son visage qui se fronçait, et comment tout d'un coup, il faisait de grands gestes, et Bill l'entendait parler plus fort.
Finalement Tom raccrocha, et s'accroupit devant Bill, l'air inquiet et en colère.
« Ça va ? » demanda le brun.
« Bill ? Je peux te demander une faveur ? »
« Euh bah oui. » bafouilla-t-il, surpris du changement de ton de son ami.
« Tu me garder ma guitare pendant quelque temps ? »
« Hein ? »
« S'il te plait. J'ai... des petits soucis, et je... S'il te plait Bill. » Son ton devenait suppliant.
« Bah si tu veux. »
Tom lui fit un grand sourire et se releva.
« Je te la rends demain ? »
Le sourire de Tom s'effaça, et son regard s'assombrit.
« Je... Je pourrais sûrement pas venir demain, je... »
« Tu me téléphones, d'accord ? Et on verra bien. T'inquiète, va. »
« Merci. Merci beaucoup. »
Et Bill lui sourit.
« Je... Je dois y aller maintenant. À plus, hein ? » Et ça sonnait comme une promesse. La promesse qu'ils se reverraient, qu'ils ne s'oublieraient jamais. Tom commençait déjà à marcher vers le tramway d'un pas rapide.
« Eh Tom ! » Il se retourna, et il vit Bill, tout de noir, les cheveux plaqués sur les joues par le vent, qui s'était redressé. « Tu m'appelles si t'as besoin, ok ? »
Je suis là si tu veux.

*

Et le temps passa. La température n'augmenta pas vraiment, le ciel ne se déchargea pas vraiment, et Bill s'inquiétait vraiment. Ça faisait un mois et demi que Tom lui avait demandé de garder sa guitare, et depuis, à part un tout petit texto qui disait qu'il espérait que ça allait bien, et qu'il ne pouvait pas encore le voir, Bill n'avait eu aucune nouvelle de son ami. Il n'osait pas téléphoner, la seule fois où il l'avait fait, il était tombé sur le répondeur. Et puis il avait peur de déranger. Et puis, je crois qu'il avait peur de la raison du silence de Tom. Ça devait être des « petits soucis » pas si petits que ça, et parfois, quand Bill se couchait après une longue journée, et qu'il s'imaginait pourquoi Tom ne donnait plus de nouvelles, la pensée qu'il ne le reverrait plus jamais lui effleurait l'esprit. Et il avait peur. Peur de garder cette vieille guitare acoustique toute sa vie sans savoir où était le propriétaire, s'il était en vie ou non. Il avait peur de se réveiller un matin, et de se rendre compte que si Tom lui avait laissé sa guitare, c'était pour que Bill se souvienne toujours de leur amitié, de lui, par peur qu'on l'oublie après la mort. Alors il s'empressait de chasser ces pensées, se retournait dans son lit, et fermait les yeux. Tom allait revenir. Il espérait vraiment.
L'espoir s'en va avec le temps.


*

C'était le premier jour de soleil et de (petite) chaleur aujourd'hui. Et Bill refusait que la poussière s'accumule sur l'étui de la guitare de Tom ; ça ressemblait à de la poussière de cendre, et peut-être qu'il était parano, mais il ne supportait pas ça, il ne voulait pas voir que c'était une espèce de signe.
Il était midi et demi, Bill était à la cafet' du lycée et il buvait un énième thé au miel pour adoucir sa gorge, et refusait une énième cigarette –il avait arrêté peu après sa rencontre avec Tom, et c'était comme un signe ça aussi- et son téléphone sonna. Sans regarder l'appelant, il décrocha.
« Bill ? »
Il aurait reconnu cette voix entre mille. Et son c½ur se remit à battre, comme s'il s'était arrêté tout le temps où Tom était parti.
« Oh mon dieu. » chuchota-t-il.
Il déposa son thé sur la table, attrapa son manteau et sans explication, quitta la table et ses amis.
« Tom ? Comment je suis content que tu m'appelles ! Ça va ? Ça faisait longtemps ! Et- »
Il avait conscience qu'il déballait en trois secondes et quatre phrases qu'il lui avait terriblement manqué, et que c'était ridicule.
« Bill ? Je suis devant le Reichstag. Tu peux venir maintenant ? »
« J'arrive » souffla-t-il dans le téléphone.
Il courut jusque dans sa chambre d'étudiant, empoigna la guitare, et courut pour attraper de justesse un bus qui l'emmena à quelques rues du Reichstag. Il reprit son souffle, se regarda dans la vitrine d'un café, et se passa la main dans ses longs cheveux noirs lisses. Et sans plus attendre, il se dirigea rapidement vers le bâtiment parlementaire. La gigantesque pelouse était vide, il y avait juste une personne.
Quand Bill le vit, il s'empêcha de courir dans les bras du blond, et marchait d'un pas rapide. Mais Tom avait dû penser la même chose et quand il aperçut son ami qui marchait vers lui, lui ne pu s'empêcher de courir vers lui, malgré son gros baggy. Il attrapa Bill dans ses bras, et le serra fort contre lui, faisant tomber la guitare de ses mains. Bill accrocha ses doigts sur le pull de Tom, et ferma les yeux quelques instants, le c½ur prêt à exploser de revoir enfin son ami. Et puis il se souvint de la guitare qui s'était cassé la gueule par terre. Il murmura dans le cou de Tom :
« Ta guitare, elle est par terre... »
Tom se dégagea doucement et colla son front contre celui de Bill. Il sentait son souffle sur ses lèvres, et il redécouvrait ses grands yeux marrons. En trois mois et des poussières, les traits de Tom s'étaient durcis, et Bill eut l'impression de ne pas l'avoir vu pendant des années. Les mois étaient devenus dans années entre eux. Et Tom ne se souvenait plus comment il avait réussi à se passer des yeux de Bill pendant trois mois.
« Tu m'as manqué » chuchota Bill. Et Tom vit le tremblement de son menton quand il parlait.
Il n'avait pas envie de parler, parce que sinon ça aurait pris des années pour lui dire que lui il lui avait manqué, qu'il était désolé, qu'il n'avait pas eu le choix, qu'il avait passé trois mois de merde à veiller sur un ami dans le coma, à rendre des sous à Mike de différentes manières dont il n'était pas fier, à toucher à des trucs impensables, et à essayer de se sortir de cette vie de merde. Et que pendant trois mois, il n'avait pas pensé une seule fois à emmerder le monde, il n'avait pensé qu'à Bill.
Alors il l'embrassa.
Devant le Reichstag, sur la gigantesque pelouse vide, aujourd'hui il y avait deux personnes.

*



FIN


je sais, c'est nul d'employer Bill&Tom,
mais au moins j'ai pas à faire des descriptions,
& je préfère. & puis sinon, c'est bizarre, j'suis au
courant. & puis le titre c'est tiré de Knock Knocnking
on Heaven's Door de Guns'N'Roses, la phrase en
italique c'est ma Clarisse, & le premier petit texte
centré, inspiré de Sk8er Boi d'Avril Lavigne. & j'me
suis inspirée très très très légèrement du film
exy Dance : D voilà pour les droits d'auteur uu'
merci pour ceux qui passent par hasard sur
ce blog, & lisent ce truc : )

& euuuuh... je sais pas. j'ai été contente d'écrire
ça; en réalité j'y ai passé un après-midi en oubliant
mon bac blanc, mes exos de maths, & c'est mon
cours de danse qui m'a fait arrêté d'écrire. c'est
sorti tout seul, il y a très peu de modifications par
rapport au premier jet.
ça m'a fait plaisir de réecrire : )
après ce blog est toujours en pause monmentanée.
parce que quand il n y a rien d'officiel, pas de lecteur,
& que je ne pense pas à écrire, les mots reviennent
peu à peu :')
# Posté le jeudi 13 novembre 2008 16:21

something in the way

Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.


Harmonie du soir - Charles Baudelaire


something in the way
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# Posté le samedi 08 novembre 2008 17:11
Modifié le jeudi 13 novembre 2008 16:24

39. (ce blog ne recommence pas non)

39. (ce blog ne recommence pas non)
Euh. Ce blog est toujours en pause. C'était juste comme ça. Un challenge avec moi même aussi, pour voir si y avait vraiment plus rien. Enfin bon. Ce texte n'est pas un de mes meilleurs, & vous m'en excuserez d'avance. Je n'ai pas écrit sérieusement depuis le mois de juin, alors voilà.
& non, je ne réecrirais plus. Sauf quelque petits textes comme ça, quand l'envie m'en prendra (& encore). Je n'ai pas de talent particulier. J'aimais écrire, & ça s'arrête là. Vous savez, en cours, j'étudie Voltaire, Diderot, j'ai lu Simone de Beauvoir et Zola, je dois lire Kerouac et Flaubert, alors moi à côté, ça ne veut rien dire, ça ne voudra jamais rien dire. Je ne suis pas un maitre des mots, une magicienne, je ne suis pas incroyablement douée pour écrire, & c'est comme ça. Il y a des gens doués pour écrire, qui ont ça dans le sang,& les autres qui sont doués pour analyser les textes de ces gens là. Je travaile beaucoup pour faire partie de cette deuxieme catégorie, pour pouvoir rêver encore un peu plus que je ne le fais maintenant quand je lis des pages jaunatres et cornées.
Enfin. Je vous le poste, parce que j'avais dit que je reposterais quoique j'écrive. Enjoy : )

titre ; The Passenger - Iggy Pop (avec un changement de temps)



We'll saw the stars that shine so bright



*




Elle s'assit sur un des bancs à l'ombre des arbres. Vous savez ces arbres enfermés dans une cage pour qu'on ne grave pas dessus M+S=<3. Elle ramena ses jambes sous elles, et serra son sac sur son ventre. Le banc en pierre était froid sous ses fesses, et en regardant jouer les enfants dans le petit parc en face, elle se demanda qu'est-ce qu'elle faisait ici en fait. Le café dans sa main refroidissait, et elle savait que si elle ne le buvait pas rapidement, ce serait dégueulasse ce goût de mousse d'air au lait, et ce mélange pourtant savoureux à l'origine de cacao et de café. Mais en réalité, elle oublia ce gobelet en carton dans sa main.
Dans l'autre main, elle tenait un bouquin. Un bouquin tout abîmé, qui était beaucoup plus vieux qu'elle. Un de ces bouquins dont les pages ne sont même plus jaunâtres, mais marronatres et qui sentent bon le vieux, la poussière et les générations passées qui ont lu et relu ce bouquin. Un classique en somme ; qui parle de la guerre, de l'évolution des m½urs, d'une adolescente qui n'est pas ce qu'on attend d'elle, et d'histoires d'amour sur un banc en pierre à l'ombre d'arbres, comme sur lequel elle est assise. Sauf que peut-être à l'époque, il n'y avait pas le ronronnement des voitures en bruit de fond, les gosses sur le vieux manège n'avaient pas de baskets Superman, et surtout, il n y avait pas de groupe de rock, et de fans. Ça change tout.


Elle vit une femme, sûrement une maman, en face d'elle qui s'allumait une clope. Elle soupira, rangea son livre dans son sac, et apercevant une poubelle plus loin, elle y jeta son cappuccino à 4,20¤. Et puis elle sortit de ce parc, et en se dirigeant vers l'une des plus jolies rues de la capitale, le bruit des voitures lui revint de plus en plus fort. Le calme du vent dans les arbres, des enfants jouant dans le toboggan n'était plus. Elle se précipita dans la bouche de métro, en bousculant une dame qui avait trop de bagues, et puis le métro arrivait justement.
Et trois correspondances plus loin, quand elle se retrouva sur le quai, elle hésita à sortir. Oh, juste trois secondes, pour décider si elle n'avait que ça à faire (oui) ou si elle devait plutôt améliorer sa culture générale en décidant de reprendre le métro jusqu'à Montmartre (par exemple) qu'elle n'avait jamais vu. Elle n'avait que ça à faire, et sa culture pouvait bien attendre. Alors elle remonta lentement les marches, et le vent lui soufflait dans les cheveux.


Elle mit quelque temps à se retrouver. Et Dieu sait pourtant le nombre de fois qu'elle était venue ici, le nombre d'heures qu'elle a passé ici. Elle jeta des coups d'oeils nerveusement autour d'elle, sans vraiment oser regarder réellement le décor. Y'avait le Macdo derrière elle, la grosse fontaine en face d'elle, le site de renseignement à gauche, le café sur la droite avec ses magnifiques chaises. Et devant elle, cette longue allée bordée d'arbres. Elle avait un peu mal au ventre, et les nerfs en pelote, mais elle traversa tout de même la place, et s'avança dans l'allée.
C'étaient des flashs dans la tête. Cette photo, ce sourire, cette attente pour un bout de papier, ces jeux de cartes, toutes ces filles, ce beau mec, cette embrouille avec le vigile, et cette chanson. Elle sourit pour elle-même et se trouva stupide de sourire ainsi, entre les feuilles qui s'envolaient autour d'elle, avec personne d'autre. C'était peut-être ça le souci d'ailleurs, le fait qu'il n'y ait personne d'autre avec elle, comme elle, pour faire semblant de rire, pour déranger ce silence perturbant et se rappeler avec elle des moments clés. Il n'y avait plus personne de manière générale. Tant pis. Elle enfonça ses mains dans ses poches, et son menton dans son écharpe. Et doucement elle releva les yeux du bout de ses chaussures et c'était ce bâtiment rouge qui se dressait devant elle. Le petit avion tout en haut, le grand écran sur lequel rien n'était affiché en ce moment, ces grandes barrières devant elle, ces ponts ça et là, et cette grande immensité grise derrière les barrières, là où on court pour passer ces portes bleues. Son corps trembla, elle sourit, et sa respiration se coupa. Elle se demandait ce qu'elle foutait ici, et puis elle se s'éloigna sur le côté droit et s'assit sur une des dalles grises. Juste une ; ne pas dépasser. Elle se resserra sur elle-même, enfonçant sa tête entre ses bras, et elle se souvint.


Elle ne pouvait plus faire que ça ; se souvenir. Puisqu'il n'y avait plus rien d'autre. Il fut un temps où les papillons avaient élus totalement domicile dans son ventre, et où ses écouteurs étaient greffés à ses oreilles pour que surtout les ailes des papillons continuent à la faire vibrer. Elle était jeune à l'époque, une des plus jeunes sûrement qui passait pour ce qu'elle appelait maintenant une groupie ; un maquillage grossier, des mitaines en résilles achetées juste pour l'occasion, des vêtements noirs et rouges pour être comme les autres. Elle était la plus jeune à l'époque, avant d'être une des plus vieilles aujourd'hui. Elle avait la chance de pouvoir dire que, elle, elle les avaient vu au jour de la première fois, ici, en France. Et elle faisait la moue en regardant les petites filles cachées derrière leurs mèches de cheveux gras, trop maquillés, habillés comme les autres ; en oubliant qu'elle avait fait partie de ces filles qui crient comme des gorets, qui idolâtrent un des jumeaux (si ce n'est pas les deux) et qui font comme si elles étaient des victimes. Elle aimait encore à se faire croire qu'elle était un peu une victime, qu'elle avait grandie trop vite, et que d'une certaine manière, c'était grâce à eux qu'elle était encore en vie.
Oh et puis non, c'est tellement stupide. Être en vie, à cause de quatre jeune garçons, pas beaucoup plus vieux qu'elle (elle avait exactement un an, cinq mois, et quatre jour de différence avec les deux plus jeunes), qui ne la connaissait pas, qui s'en foutait pas mal de la connaître, et qui faisait seulement de la musique. Oui, mais... Oui mais quoi ? Ce n'est pas même pas une révolution musicale ce qu'ils font ces quatre gamins ! Elle le savait très bien qu'ils n'avaient pas inventé la poudre ces mecs, et d'ailleurs elle ne comprenait toujours pas son engouement, et celui des autres, pour ce groupe. Elle ne se souvenait plus, je crois, comment tout ça avait commencé. C'est trop bizarre de tomber amoureuse de la musique. C'est impossible. C'est totalement cliché de se dire que la musique d'un groupe de pop/rock puisse lui sauver la vie. Alors elle préfère se dire qu'ils n'ont que réussi à lui donner une perspective d'avenir (aussi minuscule soit-elle bien entendu), quelques jours ou mois de perdition seulement entre chaque vente de billets de concert, et que si son corps n'a aucune séquelle de son mal être, c'est grâce à tous les autres ; ces personnes autour d'elle. Et finalement, peut-être que c'est vrai, et qu'ils n'y sont pour rien ces quatre mecs dans sa survie à elle, qu'elle ne le doit qu'à ses proches, ou même à elle d'ailleurs.
Peut-être que c'est juste tous ces moments qui ont réussi à la garder en vie. Ces rencontres, ces larmes, ces rires, ces attentes, ces voyages, ce fric, ce stress, ces sourires, ces engueulades, ces mensonges. Cette vie quoi, qu'en fait, ils ont réussi à créer en faisant de la musique.
Oui, c'était ça ; c'était de la musique dont elle était tombée amoureuse, mais c'était la vie de cette musique qui l'avait sauvé de la mort.


Elle regardait encore le petit avion sur le bâtiment, quand elle se rappela tout d'un coup qu'elle avait une cigarette dans sa trousse. Elle fouilla dans son sac, et certes la cigarette était un peu tordue et froissée, mais cela ne l'empêchait de la happer entre ses lèvres, et de l'allumer malgré le vent.
La fumée de cigarette dans les yeux, elle se souvint encore. Du stress, et de la pluie surtout.
Et y avait cette chanson qui tournait dans sa tête. Et les paroles aux bouts de ses lèvres. C'était sa chanson préférée. Wenn dieser tag der letzte ist. Celle du tout début, avec sa voix de gamin, et ce talent surtout en bruit de fond. Elle fredonna l'air quelques instants et puis...
Et puis, les papillons dans le ventre sont partis depuis tellement longtemps, vous savez. Les frissons, les sourires, les larmes (de joie ou de peine) sont partis. Quand elle allume son iPod, son ordinateur, quand elle met son vieux CD dans son vieux poste, c'est pas les sensations, l'amour qui coule dans ses veines, c'est les souvenirs.
Elle n'est plus capable que de se souvenir.
Ce sont des flashs de couleurs, des moments si précieux, des détails qui ne servent à rien, et des trous noirs aussi quand les sentiments l'aveuglaient trop en même temps que les spots plus ou moins sophistiqués. Il n'y avait que des souvenirs dorénavant ; un pour chaque chanson (ou presque). Sa meilleure amie, les posters sur les murs de sa chambre avant, sa fanfic, le parfum de son ancienne amie, son sweat mouillé après deux heures sous la pluie, des larmes, des heures sous la couette à apprendre les paroles, une image sur un écran géant, le blablatage de son amie d'enfance, ses je t'aime, ses mains crispés sur un morceau de tissu, son bracelet sur scène, sa presque mort et celles des autres parfois, ses rencontres, un fou rire avec un ami, le divorce de ses parents, la mort d'un ami d'une amie, le froid à six heures du matin, ses tickets de train et les confettis de la fin.
Ils ne restaient que des souvenirs maintenant, après trois ans d'existence de Tokio Hotel. Et je crois que c'est pour ça qu'elle pleurait, la cigarette à la main, assise sur le bitume gris devant une salle de concert parisienne.
Parce qu'il ne lui restait plus rien d'un bout de sa vie.



*


Fin
# Posté le dimanche 12 octobre 2008 06:28

a song to say goodbye

a song to say goodbye


je vous sers de la merde en boite définitivement. ces bouts d'histoire ne veulent rien dire, n'ont aucun sens, aucune signification. ne veulent (presque) rien dire pour moi. ce sont que des vieux textes que je retrouve au fur & à mesure.
vous savez, j'ai plein d'histoires dans la tête, mais ça ne veut pas sortir. les mots y viennent pas. ou alors c'est creux; vide de sens, de message. ça me touche 5secondes, & je serais incapable de vous toucher avec. parce que le peu que j'ai écrit depuis 3-4mois, ça ne sort même pas du coeur. ça sort pas tout court. c'est juste quelques mots comme ça, que je m'échine à ce qu'ils soient jolis. mais... osons le dire ; ça me fait chier d'en chier pour un texte dont je ne suis même pas contente. pas du tout contente. (& le pire, c'est que je poste quand même ==')

la rentrée, c'est dans une semaine. première L, & pour une fois depuis deuxans, je vais bosser ; pour de vrai.
J'ai envie d'arrêter ce blog, d'arrêter de me prendre la tête pour quelque chose que j'adore. d'arrêter de me demander pourquoi j'arrive plus à faire ça, alors que c'est un truc qui a toujours été là ; je parle d'inspiration. parce qu'en fait c'est ça. les idées dans la tête, & les doigts au dessus du clavier sans le toucher. & la page blanche de word. (puisque je n'arrive pas à écrire sur papier ; les idées vont plus vite que ma main)
panne d'inspiration, panne de mots ; ce que j'aime par dessus tout faire, j'arrive même plus à le faire ; & ça me flingue. j'en pleurerais de rage en osant écrire (par contre) ces quelques mots. surtout pour vous dire (genre je parle à deux personnes) jusqu'à nouvel ordre, ce blog est arrêté. PAUSE. (ou fin)

on y croit pas. je n'y crois plus. plus du tout. oubliez tout ça, laissez tomber.
j'arrête d'écrire parce que je n'y arrive pas. c'est une bonne raison, quoique vous disiez de toute manière.
# Posté le mardi 26 août 2008 16:41

38.

38.



J'te déteste. T'as tout fait foiré. Connard.

Je t'aimais, OH OUI, je t'aimais. Je t'aimais trop justement. Tu étais toujours trop loin alors que tu passais tes journées à mes côtés. J'étais jaloux quand tu serrais la main de quelqu'un d'autre. Et quand tu passais deux minutes sans moi, je m'inquiétais, t'imaginant déjà mort. J'étais juste complètement accro à toi. T'étais ma drogue, t'étais ma vie, mon c½ur. T'étais ma raison de vivre. Rends toi compte, t'étais ce pourquoi je restais encore sur cette putain de terre. La seule personne qui m'empêchait de sauter par la fenêtre, qui séchait mes larmes avec un seul sourire. Tu étais ma raison, putain. C'était juste pitoyable, j'étais juste pitoyable. J'étais pendu à tes pieds, je pouvais tout faire pour toi. Traverser les mers, les océans, te ramener la lune et les étoiles. Et tellement d'autres choses dont tu n'en a jamais eu rien à faire. J'étais à tes pieds, et tu me regardais de haut. Et moi j'étais heureux, OH OUI, pauvre con que je suis, j'étais aveugle. Tu me faisais sourire, tu me faisais rire, tu étais ma raison. J'étais heureux et c'est tout.
Mais tu sais, ça marche plus tout ça. C'est fini. FINI tu m'entends ? Nous deux, ce n'est plus rien. Je jette tout au feu. Nos photos, mes lettres, tes cadeaux. Mes sentiments qui brûlent rapidement. Regarde la fumée qui s'envole entre les nuages. REGARDE putain. C'est nous qui s'envole là. Regarde les cendres grises sur tes chaussures, c'est tout ce qui reste de nous. Des cendres qui se dispersent déjà dans le vent. Tu ne regarde même pas, tu n'en as rien à foutre. Tu n'en a jamais eu rien à foutre de moi et de nous. Un objet, quelque chose pour arriver enfin à tes fins. Sans moi, tu n'aurais jamais réussi, hein ? Et moi j'étais pourtant tellement fier. Tout le monde te connaissait, j'étais tellement fier de te présenter. J'avais le sourire aux lèvres et les étoiles dans les yeux quand je parlais de toi. Tu étais ma raison, putain... MERDE ! Ma vie, c'était toi. Mais tu m'as tourné le dos. La foule m'a happé, je t'ai perdu. Et je ne me sens même plus capable d'hurler ton nom à travers la foule. Tu ne regarderas plus jamais en arrière, tu es parti loin déjà. Tu ne reviendras plus jamais, tu es bien entouré maintenant. Alors moi je te regarde marcher, loin devant. Je te regarde, et les larmes dégoulinent sur mes joues. Je te déteste ; je me sens si faible à cet instant. Mon estomac se comprime ; tu m'as tout enlevé en partant. T'as un bout de mon c½ur, un bout de ma vie, un bout de mon âme au fond de ta poche. Tu ne le sais même pas, t'en a rien à foutre. T'es tellement égoïste, TU TE RENDS COMPTE DE RIEN, bordel. Tu te rendais même plus compte de mes faux sourires à la fin, tu te rendais même plus compte de mes larmes, de mes silences. Tu jubilais tout seul dans ton coin avec tes rêves enfin exaucés. Je te voyais rire et parler avec d'autres, je te voyais dans les bras d'autres. Et j'me sentais comme une merde à côté. J'te regardais rire et tournoyer de joie. J'me ramassais sur moi même. Et je fumais pour combler le manque que t'as crée en partant. T'as rien compris en plus, tu comprends plus de toute manière. Tu fais comme si de rien n'était, tu fais comme si le monde était beau, rose et tout. Mais PUTAIN, regarde- moi ! Regarde- moi, je suis en larmes et en sang, je suis effondré sur la moquette mais tu ris encore à côté. Je te tuerais... J'te tuerais et moi ensuite. Pour ne plus entendre ton rire qui me fait si mal, pour enterrer tout ça, et oublier putain, tout oublier... Oublier tes mots, tes promesses qui n'ont jamais été que des illusions. Pour oublier tes gestes, tes caresses qui résonnent faux désormais dans ma tête. Tout était faux, dis-le-moi. Je ne mourrai que deux secondes plus tôt ; aucune différence. Tout oublier. Oublier que je t'aimais. Oublier que tu ne m'as jamais aimé. Oublier que nous deux c'est fini. Oublier tout, oublier ma vie puisque tu l'as prise... Oublier que je t'aime encore. Et essayer de continuer...

Merci pour les cadeaux. Adieu.

[...]


Il enfila sa veste, et laissa une enveloppe sur la table de la cuisine. Il ramassa son sac sur une des chaises et l'accrocha à son épaule. Il se dirigea vers la porte d'entrée et l'ouvrit doucement. Sans un regard en arrière, il la ferma tout aussi silencieusement. Il descendit ensuite rapidement les trois étages. Partir le plus vite possible d'ici, partir loin, loin très loin. Pour ne plus jamais revenir. Tourner la page dans un autre endroit et oublier, juste oublier. Il se dirigea vers la gare et grimpa rapidement dans le premier train. Quand il arriva à la capitale, il prit le premier métro pour une des grandes gares nationales. Il composta son billet, et s'engouffra dans son train.
Il appuya sa tête contre la fenêtre, et regarda les rails. Son ventre se compressait, il avait mal au c½ur. Mais il fallait être fort ; tout allait bien se passer, non ?
Non. Il ferma les yeux, et ses membres commencèrent à se crisper. Il se releva trop vivement, manquant de tomber par terre, pour retourner sur le quai et fumer une cigarette. Il descendit deux marches, et il sentit le train s'ébranler sous ses pieds. Croyez-moi ou non, il s'est effondré en sanglots dans les escaliers.


[...]


Les années ont passé, le temps s'est écoulé. Lentement, sûrement. Il a ouvert une maison d'hôtes dans le pays qu'il aimait tant. Ici, il fait beau et chaud. Tous les matins quand il ouvre sa fenêtre, il voit la plage dorée et la mer azure. C'est beau.
Il va bien. Il va mieux. Il a un peu oublié, et il se persuade de ne plus l'aimer du tout. Même si 10ans après, il n'a toujours personne à aimer de nouveau. Mais il va mieux.
Il a changé. Ses cheveux ont une teinte plus naturelle et sont coupés un petit plus court. Il a troqué ses teeshirt à tête de mort contre des chemises sobres, plus classes, plus larges. Et ses pantalons sont moins moulants. Il a arrêté le fond de teint, le fard à paupières et le mascara. Et maintenant il se rase tous les jours... Il a grandi, il a muri. Il a vieilli. Il a essayé d'avancer et d'oublier.

Aujourd'hui, il accueille un nouveau client. C'est son secrétaire qui a pris le nom, et il n'a pas encore regardé l'agenda quand la sonnette retentit. Il lisse sa chemise blanche, et ramène ses cheveux bruns en arrière avant d'ouvrir la porte.
-Quoi ? Non.
-Bill ?
-Non...
Il referme déjà la porte.
-Nan, attends ! On doit parler !
-Dégage, j'ai rien à dire.
Sa voix tremble, il a les larmes aux yeux et la fureur monte dans sa gorge.
-Va-t-en !
-Non !
Il n'arrive plus à retenir la porte et elle claque contre le mur derrière elle.
-Je ne veux pas te parler.
-Mais...
-Bienvenue chez moi, affirme-t-il avec un sourire commercial sur les lèvres. Je vais vous montrer votre chambre.
-Bill, arrête.
Il attrape cependant les valises sans se soucier de l'homme qui lui parle, immobile sur le seuil d'entrée. Il commence lentement l'ascension des escaliers.
-Suivez-moi s'il vous plait.
Il ouvre la porte d'une des chambres et pose les valises dans l'entrée. Il laisse ensuite l'autre homme rentrer.
-J'espère que ça vous plaira, dit-il en se retournant.
-Bill !
L'autre homme qu'il fait semblant de ne pas connaître lui agrippe le bras.
-Lâche-moi.
-Non ! Faut qu'on parle. J'ai besoin d'explications, Bill...
Il se retourne brusquement, faisant lâcher la main sur son bras.
-Mon petit mot ne t'as pas suffi ? T'as toujours pas compris ? T'es CON à ce point-là ou quoi ? T'as pas compris que tu m'as détruis ? Que tu m'as laissé tout seul et que tu t'en ai même pas rendu compte ? T'as pas compris que t'etais PARTI ! J'ai lâché l'affaire, j'suis pas aussi con que t'as cru... J't'ai laissé, vu que t'en avais plus rien à foutre de moi...
Il se tait et se rend compte que ses poings sont crispés ; ses ongles s'enfoncent légèrement dans sa paume. Il recule d'un pas, et regarde un instant l'homme devant lui. Ses longues dreads blondes sont lâchés dans le dos, seules quelques une sont noués nonchalamment. Il porte une large chemise sur un jean brut, à coupe droite. Et il a toujours ce piercing à la lèvre qui brille à la lumière.
-J'avais marqué Adieu à la fin...
-T'avais marqué que m'aimais encore aussi...
-Je suis désolé Tom... Non...

[...]

Le temps a passé. Encore. Mais l'eau ne coule plus sous les ponts.
Ils se retrouvent dans une église. Enterrement, mariage ; c'est la même. Ils ont des poches sous les yeux, et la mine blafarde. Ça fait pas beaucoup dormir de savoir que l'on va revoir son frère, son ex, et également la personne qu'on aime ou qu'on déteste le plus.
Enterrement. Une grande tante qu'ils ne connaissaient pas. Mais ils se retrouvent quand même au premier rang, l'un à côté de l'autre.
La cérémonie est affreuse. Leurs costumes de location les démangent, le micro est branché trop fort, et ils tapotent tout les deux du pied le sol en pierre de l'église. Partir, putain. Partir, et ne plus jamais le revoir. Ou si; encore.
La cérémonie se finit au bout d'une heure, et ils sortent silencieusement, la tête baissée. Ils montent chacun dans les voitures collectives pour aller à la petite réception, et ils ont tous les deux envie de partir loin d'ici. Mais non.
La réception se passe gentiment. Ils s'évitent dans le salon de leur mère, et ils boivent tous les deux du champagne. D'ailleurs Bill semble en boire un peu trop. Peut-être même beaucoup trop. Il se retrouve avachi sur le canapé à murmurer des choses incompréhensibles. Et puis il est tard, et les invités commencent à rentrer chez eux. La maison devient silencieuse, les lumières s'éteignent, et Tom s'assoit sur un des fauteuils. Bill est toujours dans un coin du canapé, la tête baissée sur sa coupe de champagne à moitié vide. Il chantonne discrètement et ne semble pas s'être rendu compte que la maison est vide.
-Bill ?
Il sursaute sur son canapé, et plisse des yeux pour voir qui lui a parlé. Il aperçoit son frère, et se recroqueville sur son canapé, en reprenant sa chansonnette.
-Bill... S'il te plait. J'aimerais bien qu'on discute. Ça fait 12 ans qu'on ne s'est pas parlé sérieusement.
-Faux. 13 ans. Tu ne me parlais plus.
Silence de la part de Tom. Il ne comprend plus rien. Il regarde son frère faire tourner le champagne dans sa coupe, et il se demande si Bill est vraiment bourré.
-Comment ça ?
-Tu ne me parlais plus, tu ne me regardais plus. Tu ne me disais plus je t'aime, tu ne passais même pas cinq minutes avec moi. Tu passais ton temps avec les autres, tes amis comme tu les appelais. Tu passais des heures avec eux sans me prévenir. Et quand tu rentrais à la maison, tu ne me prévenais même pas.
Nouveau silence.
Bill se relève doucement, et marche jusqu'au buffet. Il marche droit, et semble être parfaitement sobre. Il attrape une tomate cerise qu'il met dans sa bouche, et se ressert un verre de vin.
-T'en veux ?
Tom est surpris. Bill était en train de lui faire des reproches, et il lui propose maintenant un verre de vin. Il acquiesce mécaniquement, et quelques secondes plus tard, Bill lui tend son verre. Il murmure un petit merci, et goute à l'alcool. Il est un peu chaud, mais il a un bon gout de fruits rouge.
-Tu t'étais éloigné de moi.
-Hein ?
Tom sursaute, ne s'attendant pas à ce que son frère reprenne la parole.
-Tu t'étais éloigné de moi. On n'avait presque aucun contact. Je t'avais déjà reproché ça, mais t'en as jamais vraiment tenu compte. Je t'avais demandé d'être un tout petit plus présent, juste ça. Tu sais, à cette époque, si j'étais encore en vie, c'était pour toi.
Bill avale une gorgée de vin, et ricane.
-J'étais tellement pitoyable à l'époque. Je t'aimais tellement. J'ai commencé à être jaloux et possessif. Mais en même temps, je fermais ma gueule. J'avais rien à dire ; tu faisais ta vie. Mais à la fin, tu te rendais plus compte de rien. Finalement, c 'est peut-être de ma faute ? J'aurais peut-être dû te dire avant ce que je pensais, je sais pas. Tu m'as laissé tout seul... J'ai alors douté sur tout ; toi, ton amour, tes paroles. Tout. Je ne te faisais plus confiance. Et moi, ça me bouffait, parce que j't'aimais quand même. Tu ne faisais plus attention à moi, mais je t'aimais. Alors j'ai rassemblé le peu de dignité qu'il me restait, et je suis parti. Je suis parti pour ne plus être aussi con, pour t'oublier, pour essayer d'avancer.
Silence. Tom finit son verre de vin, et Bill le regarde baisser la tête. Il se passe la main sur le visage, et finit son verre également.
-Tu sais, je t'aimais vraiment moi, murmure Tom.
-Peut-être. Surement. Je sais pas Tom. Je savais pas à l'époque ce que tu pensais de moi. J'ai eu l'impression d'être un objet, d'être un simple passe temps. Ça peut-être tellement amusant de baiser son frère après tout.
-J'ai jamais pensé ça ! Je t'ai toujours aimé tu sais... Et j'peux même pas te reprocher quelque chose, parce que... Je sais pas, c'est tellement compliqué Bill. Quand tu es parti, le matin, quand j'ai lu ta lettre, j'ai cru que j'allais mourir sur le coup. J'ai même pas essayé de te retrouver. Tu m'avais fait comprendre que c'était fini... Alors j'me suis enfermé dans le noir, chez moi, et c'est tout. Quand on s'est revu, il y'a deux ans, c'était parce que maman m'avait forcé à sortir et à prendre des vacances ; elle s'inquiétait trop de ne jamais me voir sortir de l'appart'.
Silence. Les deux hommes se regardent et essayant de lire dans les yeux l'un de l'autre. Du regret, c'est tout. Ils regrettent.
Tom se lève réajuste sa veste de costard.
-Tu sais Bill, je suis réellement désolé de t'avoir sembler si distant. Je suis désolé de t'avoir à ce point abîmer, et je regrette beaucoup. Si je n'avais pas changé, si j'avais fait plus attention, on serait sûrement encore ensemble aujourd'hui.
-Peut-être.
-Tant pis. C'est fini, hein ? sourit tristement Tom.
Bill hoche la tête, et se lève à son tour. Il rassemble ses quelques affaires sous les yeux attentifs de son frère.
-On fait quoi maintenant ? demande soudainement Bill.
-J'te raccompagne à la gare, et on se revoit à Noël comme deux frères normaux ?
-De puis quand on est normaux tous les deux, hein?
Sourire. Un vrai sourire depuis 12ans.
-Très bien, à Noël. Faut que je te trouve un cadeau maintenant...
Rires. C'est bon de se retrouver.
Alors peut-être que Bill aime encore Tom, peut-être qu'il lui en veut encore. Peut-être que Tom a toujours aussi mal à cause du départ de Bill, peut-être que lui aussi il l'aime encore. Peut-être.
Mais personne ne le saura, et Tom raccompagne Bill à la gare dans un silence agréable. Et sur le quai de la gare, ils se serrent dans leurs bras.
-À plus, p'tit frère.
-Ouais, à bientôt.


(ouais, un vieux texte encore. j'suis désolée)
# Posté le mardi 26 août 2008 16:16